Google vient de mettre à disposition une nouvelle version de Google Maps pour mobile (version 4.4 sur Android pour le moment) incluant un nouveau composant (après Maps, Navigation et Latitude) : Places.
Ce module indépendant, telle une nouvelle application, vous permet de faire des recherches de proximité sur votre téléphone. Par défaut, sont proposés sur l’écran d’accueil, les icônes de recherche de restaurant, bars, hôtels, loisirs, distributeurs de billets et stations services. Vous pouvez personnaliser cet écran d’accueil.
Vous accédez ainsi à tous les détails sur un établissement (adresse, photo, avis) et vous pouvez l’appeler en 1 clic.
Avec cette nouvelle application Places, Google prend position sur la recherche local sur mobile pour faire face à des concurrents comme Yelp.
Le 21 juillet 2010 a eu lieu à San Francisco la conférence Geo-Loco, qui réunissait un panel très intéressant d’intervenants, ventures-capitalist visionnaire ou acteurs majeurs de la géolocalisation dans la Silicon Valley : Lior Ron de Google, Tom Coates, Matt Galligan de SimpleGeo, Othman Laraki de Twitter, Eric Singley de Yelp ou encore le célèbre blogger Robert Scoble.
La question principal de la journée : la géolocalisation est elle un business ou une feature?
Voici les 10 grandes prédictions concernant la géolocalisation qu’en a sorti Mark Alvarez de l’Atelier :
Les données géographique vont devenir gratuites grâce à OpenStreetMap éclipsant les acteurs majeurs
La géolocalisation sera intégrée à toutes les applications « mobiles »
Plus de la moitié des publicités sur mobile sera géolocalisée
Tous les contenus générés par les utilisateurs seront géo-taggués
La proximité et la géolocalisation contextualisera et filtrera la recherche
Les code-barre et les QR code simplifieront l’accès à l’information pour les utilisateurs
Les LBS seront intégrés dans les réseaux sociaux
La géolocalisation va favoriser les relations. Un web local va émerger
Les utilisateurs seront réticents à payer pour les LBS
Bien d’autres prédictions selon le panel : moteur de recherche basé sur la géolocalisation, realité-augmentée au travers de lunette d’ici 4 ans, jeux vidéo dans le monde « réel »…
Je vous laisse lire les 2 articles – » Geo-Loco 2010 – The Future of Geo-Location, Part One et Part Two » – pour en savoir un peu plus…
Simon Decreuze et Ziad Maalouf, 2 journalistes de l’Atelier des médias de RFI étaient présents et ont réalisé cette interview (sous-titrée en français) :
Vous pourrez comprendre un peu mieux ce qu’est Foursquare, sa stratégie, la gestion de la vie privée… et surtout découvrir toute la passion et l’enthousiasme qu’a Naveen pour Foursquare.
et l’open source. En ce moment même, la conférence State of the Map se tient à Girone en Espagne. C’est à cette occasion que Mapquest a décidé de dévoiler sa nouvelle stratégie.
Un site basé sur OpenStreetMap Mapquest ouvre en version bêta le site open.mapquest.co.uk (centré sur le royaume-uni mais tous les pays sont accessibles) qui s’appuie sur les données OpenStreetMap, sur un ensemble d’outils open source ainsi que sur leurs propres technologies (service d’itinéraires et leur nouvelle interface utilisateur).
Mapquest passe le cap et décide de se lancer dans l’aventure Open Source. Voici les paroles de Randy Meech, directeur technique :
“We believe that open source is ultimately the future for AOL’s local and mapping applications. And we’re very excited about supporting OpenStreetMap, which powers the maps behind Patch, our local news and information platform. We believe community generated maps that are of high quality and accuracy will end up ultimately being the better mapping product for users. Allowing users to improve the areas they know and care about like streets in their neighborhood, in addition to hiking trails, parks and bike paths, we believe will lead to the best mapping experience for all users.”
1 Million de dollars pour OpenStreetMap
Sur leur blog technique, Mapquest présente le déroulement du projet. Ils ont décidé d’investir 1 million de dollars dans les données OpenStreetMap aux Etats-Unis pour améliorer et supporter la nouvelle plateforme locale d’AOL Patch qui utilise des données OpenStreetMap depuis novembre 2009.
Mapquest annonce aussi qu’ils utilisent des outils open source disponibles pour manipuler les données OpenStreetMap comme Mapnik, TileCache. Ils ont travaillé avec le créateur de Mapnik, Artem Pavlenko, pour permettre à l’outil de répondre à leurs besoins. Cette démarche est plus qu’appréciable : Mapquest ne se contente pas d’utiliser les données OSM mais affiche une volonté d’avoir une plateforme open-source et de contribuer à améliorer les outils qu’ils utilisent. Une relation qui se veut à double sens = une bonne nouvelle pour toute la communauté open source.
Pourquoi?
C’est une décision stratégique. Depuis l’arrivée de Google Maps, il y a un peu plus de 5 ans, Mapquest et le géant américain se livre une véritable guerre. L’acteur historique a su innover et changer de stratégies en 2008 pour garder son leadership (voir articles Mapquest is back : ici et ici). Malheureusement il est difficile de résister au rouleau compresseur Google. Selon comScore, Mapquest a eu 49 millions de visiteurs uniques en mai contre 63 millions pour Google. Google a su mettre les moyens pour monter en puissance: licence exclusive sur les images satellites avec GeoEye-1, collecte des données Street View, plateforme d’édition de données vectorielles Google Map Maker et plus récemment l’abandon des données TeleAtlas pour les Etats-Unis qui a permis de lancer leur produit de navigation. Google s’est constitué sa propre chaine de production de données vectorielles et fonctionne pratiquement en circuit fermé. L’acquisition de données est un véritable coût pour les plateformes cartographiques. Les sociétés regardent de près l’évolution d’OpenStreetMap mais restaient frileux à cause de la licence. Google lui-même avait pensé utiliser OSM mais avait reculé à cause des différents cas d’utilisations (voir article vectorOne). Vu la politique de Google, Mapquest se doit aussi de baisser ses coûts d’acquisition de données et on comprend très bien ce rapprochement.
Pour l’instant, le site principal Mapquest.com reste avec des données Navteq mais le positionnement stratégique est clair. La société cherche le moyen de payer moins de licences pour les données et parie que les données OSM seront fiables et moins chères à l’exploitation grâce aux utilisateurs mais aussi à leur propre contribution.
Cette annonce confirme l’attraction suscitée par le projet OpenStreetMap. OSM monte en puissance et devient un maillon incontournable (voir article les données cartographiques ont la côte). Je suis impatiente de voir les retours de cette expérience!
Il y a un peu plus d’un an, je vous avais fait un petit topo sur l’avenir des réseaux sociaux associés à la géolocalisation : A la découverte des Location Based Social Networks, les « néo-géo-réseaux ». On peut dire qu’en un an, beaucoup de choses ont évolué. Des acteurs comme Foursquare ou Gowalla sont apparus et font pas mal parler d’eux. Nous sommes en droit de nous demander maintenant, en prenant un peu de recul, la direction que doivent prendre ces réseaux… Ont ils vraiment un avenir?
Check’in
Les réseaux sociaux permettent à leurs utilisateurs de créer, partager et communiquer avec la communauté. Ajouter une dose de géolocalisation n’est en faite qu’une caractéristique supplémentaire et non une fin en soi … et n’est probablement pas l’élément qui fait utiliser le service par ses membres.
Le fait de faire un « checkin » (de partager avec sa communauté le lieu où l’on se trouve), n’est qu’une finalité et non un moyen.
Sur ce simple modèle, Foursquare est donc sa propre finalité. Pour l’utilisateur, le but de Foursquare est de signaler sa présence à des endroits afin d’en devenir le « maire » aux yeux des autres utilisateurs de réseaux et d’amasser une quantité de badge… Cela demande donc à l’utilisateur un peu de temps. Sans compter que Foursquare n’est pas le seul réseau géolocalisé, on peut être amené à faire un checkin sur d’autres services comme Gowalla, Brightkite, Plyce ou DisMoiOù pour la France.
L’intérêt en soi et dans le temps peut donc paraître limité, une certaine routine peut donc vite tourner à l’ennui : c’est ce qu’on appelle la « Checkin Fatigue« . On pourrait contourner le problème en laissant l’application tourner en tâche de fond… mais là on fait face à un problème de vie privée qu’on peut encore difficilement appréhender.
Alors pourquoi partager sa géolocalisation?
Quand on parle de géolocalisation, on parle de contextualisation de l’information. Partager une information sur un réseau social a pour but de partager un expérience, un avis, un sentiment. La géolocalisation n’est qu’une information complémentaire à la valeur d’un service.
Difficile de voir comment, après les « early-adopters », les utilisateurs « grand public » peuvent franchir le cap sans trouver un intérêt ou un moyen à ce service.
Push et recommandation?
Il reste tout de même une voie qui semble réellement intéressante, c’est la recommandation. En effet, rien de plus ennuyeux de ne pas savoir où aller quand on arrive dans une ville qu’on ne connaît pas. Si j’aime les musées ou les bars branchés, difficile de connaître le lieu adapté à mes attentes, mes envies.
A partir de là, en me baladant, il est vraiment pertinent d’avoir une information contextualisée à mes besoins et à ma géolocalisation. Foursquare vient de franchir ce pas en proposant aux utilisateurs de se connecter à des sites d’informations comme the Huffington Post ou IFC (voir l’article de RWW : « Foursquare Launches Location Layers – This is Big« ). Une donnée latente et de qualité est donc accessible depuis ce réseau social. On peut imaginer des informations plus spécifiques d’acteur locaux peuvent s’y ajouter, offrant une vision différente lors d’une visite d’une ville.
L’avenir appartient donc à un service proposant une valeur ajoutée pertinente et contextualisée au fait de partager sa géolocalisation. Il semble évident qu’un réseau social est le point de départ offrant un socle solide afin de rendre un tel service « mainstream ».