En 2009, l’information-trafic est au cœur de nombreux sujets d’actualités : acteurs traditionnels et nouveaux acteurs essayent d’offrir de nouveaux services pour séduire de plus en plus d’utilisateurs. Cette technologie qui a seulement une petite quinzaine d’années d’existence, n’a cessé d’étendre sa présence depuis l’avènement des GPS pour le grand public.
Au mois de janvier, je vous parlais du rapprochement des acteurs de la donnée géographique. Le sujet concernait le rachat et/ou les partenariats des 2 plus gros fournisseurs de données géographiques par des acteurs LBS. Après ces mouvements sur les données “statiques”, l’attention allait se porter sur les données dites dynamiques ou temps réel permettant d’apporter un véritable “+” en terme d’offres de services.
Depuis le début de l’année, la tendance se confirme. Nouveaux services, nouveaux partenariats et nouveaux acteurs sont apparus. De la récolte des données au lancement de nouveaux services, voici un état des lieux.
information-trafic, kesako?
”L’information trafic” permet de communiquer tout événement ayant un impact sur le réseau routier. Aujourd’hui, cette information est diffusée de deux manières:
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via les radio FM par le canal RDS (Radio Data System). On parle alors de diffusion RDS-TMC. Le TMC ou “Traffic Message Channel” est un protocole de codage décrivant l’événement, sa localisation, sa longueur et son sens. Le message est codé dans un langage nommé Alert-C (Advice & problem Location for European Road Traffic). En France, le réseau de diffusion du RDS-TMC est composé d’environ 14000 points correspondant à 60000 km de voies. Le SETRA, organisme rattaché au MEDAD, définit et enrichit ces points d’accroche géolocalisés qui pourront accueillir les évènements trafic diffusés.
Cette méthode de diffusion est la plus répandue à l’heure actuelle. Les informations sont diffusées de manière inaudible pour l’oreille humaine. Ce canal est limité en bande passante et ne peut diffuser que 300 messages par zone d’émission. Les opérateurs français ont donc découpé le territoire augmentant ainsi leur capacité de diffusion.
cellules de diffusion 01/2009 chez Médiamobile
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via Internet avec les technologies GPRS, Edge ou 3G. Celles-ci entrainent un coût supplémentaire pour l’usage à cause de la connexion “data” fourni par un opérateur mobile. Cette diffusion se démocratise grâce aux nouveaux terminaux mobiles comme l’iPhone et aux nouveaux forfaits mobiles.
Des sources hétérogènes…
Pour produire l’information visible par les utilisateurs finaux, une collecte très complexe de l’information est nécessaire auprès d’une multitude de fournisseurs. Cette hétérogénéité entraîne une disparité de l’information.
Il existe plusieurs “catégories” de données:
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Les traditionnelles qui mesurent une densité et un taux d’occupation des voies
Les données sont collectées de manière automatique grâce à des boucles électromagnétiques (incrustées dans la chaussée), des radars de mouvement ou des caméras vidéos. Un certain nombre d’information sont renseignées manuellement par des opérateurs chargés de la gestion de la voirie. Les sociétés d’autoroutes, les services de la voirie, les forces de l’ordre, le CNIR (Centre National d’Informations Routières), les Conseils Généraux ou les municipalités sont chargés de cette gestion au travers de leur Centre d’Information et de Gestion du Trafic.
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et les autres
. Pour en citer quelques-unes :
des véhicules traceurs. comme les taxis par exemple. Ces derniers sont équipés d’un terminal permettant de recueillir leur position. La trace obtenue du véhicule peut ainsi produire une vitesse moyenne. Cette “technologie” (Floating Car Data) nécessite des traitements performants de projection sur le réseau routier pour des volumes de données très importants. Les traitements produisent une vitesse moyenne qui pourra être exploitée pour générer des informations trafic de type “Condition de Route”ou “Temps de Parcours”. Cette information est plus diffuse que les précédentes, nécessite un nombre suffisant de véhicules, mais présente l’avantage de couvrir plus de territoire.
la gestion de flotte. Les véhicules sont équipés d’un logiciel de suivi qui permet aux entreprises de revendre les données aux différents fournisseurs d’information trafic.
les opérateurs mobiles. Les opérateurs ont trouvé une nouvelle manière d’exploiter les échanges entre les antennes GSM et les téléphones mobiles. En effet, des messages sont envoyés entre les téléphones et une antenne pour connaitre la densité de téléphones présent dans son périmètre et assurer un service suffisant. Les opérateurs peuvent donc déduire le nombre de téléphone entrant et sortant d’une cellID (localisation cellulaire). Le déplacement des téléphones mobiles permet de mesurer une densité ou une vitesse moyenne entre deux points « virtuels ». Ces statistiques sont rafraichies toutes les 3 minutes.
…vers des agrégateurs nationaux voire internationaux
Comme vous avez pu le constater, les sources de données sont extrêmement disparates et présentes toutes leurs avantages et leurs inconvénients. Pour fournir une information qualitative et continue, des sociétés agrègent les différents contenus présentés dans le paragraphe précédent.
Pour la diffusion via RDS-TMC, deux acteurs sont présents en France. Mediamobile avec son service V-Trafic et ViaMichelin (avec l’apport de la société Carte Blanche Conseil). Ces deux sociétés proposent aussi leurs services via le Web et le GPRS mais elles sont rejoints par d’autres acteurs comme Navteq (rachat de T-Systems Traffic en Allemagne), TomTom/TeleAtlas ou maintenant la société américaine INRIX (via GenerationNT, GPSBusinessNews) qui se lance dans la conquête du marché européen.
Les acteurs de la navigation, principaux consommateurs de ces services, se positionnent différemment par rapport à l’information trafic. TomTom préfère avoir sa propre chaine de production et multiplie les partenariats (SFR par exemple pour les données de téléphone mobile) alors que Garmin s’associe plutôt directement avec des agrégateurs (Navteq, ClearChannel). Avec la présence de plus en plus imposante d’acteurs internationaux, les opérateurs nationaux doivent faire face à une concurrence non négligeable. La tendance en Europe serait à la fédération d’opérateurs pour proposer des services plus unifiés. Pour faciliter l’intégration et l’utilisation des données d’information trafic au niveau international, il est nécessaire de développer des normes et des standards. Un regroupement existe déjà sous la forme d’une association (TISA) composé d’acteurs nationaux et internationaux s’efforcent de créer et de promouvoir l’utilisation de standards pour l’information trafic. Au mois de juillet 2009, Mediamobile a présenté ses travaux sur la radio numérique et plus particulièrement un nouveau protocole de codage de l’information trafic appelé TPEG (Transport Protocol Expert Group).
Multiplication des données et des services.
Historisation des données
L’information trafic est une donnée dynamique. Après son cycle de vie de quelques minutes, que faire d’elle lorsque celle-ci est périmée? Réponse: des données historiques!
Celles-ci permet de déduire un certains nombre d’informations comme :
- la vitesse moyenne. Pour cela, on procède à une analyse des données. L’objectif est d’obtenir une vitesse plus proche de la réalité.
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des profils calendaires. Vous pouvez ainsi visualiser l’évolution journalière de la vitesse aux différentes heures de la journée, le week-end, en période scolaire, etc.. L’information trafic devient alors une donnée exploitable pour la planification d’itinéraire à une horizon future.
Prise en compte dans les calculs d’itinéraires
Aujourd’hui, si il est devenu assez banal de visualiser de l’information trafic sur une carte, l’utilisation de ces données dans un calcul d’itinéraire n’en est qu’à ces débuts. Après la prise en compte des événements (accident par exemple), les services essayent de tenir de plus en plus compte des données mises à disposition. TomTom avec route planner utilise les données du trafic actuel si vous planifiez de partir dans les 30 minutes. Il prend en compte le jour du départ pour obtenir des vitesses moyennes acquises par les données historiques (produit IQRoutes).
En France et depuis avril 2009, V-trafic propose son service d’itinéraire V-Tactic qui permet à ses utilisateurs d’identifier l’itinéraire le plus rapide et de calculer le temps de parcours associé en prenant en compte les informations sur les conditions réelles et prévisionnelles du trafic.
L’information trafic impacté par les données UGC.
Waze est une société israélienne. Leur application a connu un grand succès à Tel Aviv et est maintenant disponible aux Etats-Unis. Grâce à cette application (disponible sous iPhone, Android, Symbian et Windows Mobile), les conducteurs peuvent signaler et partager les événements survenus sur leurs trajets (accidents, travaux, présence de radars, etc.). Les données servent à fabriquer des cartes en temps réel et un système de vote/score permet de vérifier la qualité des informations et d’indiquer la réputation des utilisateurs.
Google et le crowd-sourcing aux USA
Fin aout 2009, Google annonçait ( encore
) une nouvelle fonctionnalité. La collecte d’information via les téléphones mobiles de votre vitesse de circulation et de votre position. En bref, si vous possédez un mobile avec GPS et que vous partager votre position (service MyLocation), Google peut ainsi récupérer les informations cités plus haut et les agréger à celles d’autres utilisateurs. Cela permet ensuite d’obtenir une “image” du trafic pour une zone donnée.
Envie d’en savoir un peu plus? bon article de GPSBusinessNews.
Ce qu’il faut attendre de l’information trafic
Face à ces nouveaux services et à ces nouvelles technologies, les besoins et les usages vont évoluer. Aujourd’hui seulement 10 à 15% des véhicules ont de l’information trafic, la demande ne cesse d’augmenter. Des efforts vont être fait pour absorber les nouvelles technologies, utiliser au mieux et au maximum les informations disponibles et bien sûr améliorer la diffusion des données.
L’intérêt de l’information trafic s’élargit. D’autres domaines comme les assurances s’intéressent à celle-ci. Des systèmes de boîtes noires (semblables à celles des avions) pourraient voir le jour. Ces informations collectées seraient utiles pour mieux comprendre les circonstances d’un accident. Les assureurs réfléchissent aussi à proposer des assurances à l’usage en se basant sur du tracking.
Affaire à suivre!
Un grand merci à Philippe Goudal, Directeur Pôle Trafic chez Mediamobile qui a eu la gentillesse de m’accorder quelques heures pour partager son savoir-faire.


1 commentaire
1 information temps réel, le trafic routier « KINAXIA // 16 octobre 2009 à 18:26
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